24.03.2007
Sidaction
Tous solidaires face au Sida les 23, 24 et 25 mars.
Je suis stupéfaite que cette action n’ait pas plus de traduction dans la presse écrite.
« Ensemble contre le Sida » est devenu, en 1994, Sidaction, association issue d’un collectif composé d’associations, de chercheurs et de médecins réunis dans le but de collecter des fonds et de venir en aide aux personnes victimes du VIH/Sida.
La vocation de Sidaction est de lutter contre l’épidémie et d’améliorer la qualité de vie des personnes touchées par le sida. Tous les fonds recueillis sont répartis à égalité à 50% pour les programmes de recherche, et 50% pour les programmes de prévention et d’aide aux malades.
« Jamais une maladie n’a fait peser une telle menace sur l’humanité », affirme le Professeur Gilles Brücker, directeur de l’Institut de veille sanitaire. Car, selon lui, aucune maladie n’a eu un tel retentissement social et politique. « La prise de conscience générée par le sida dans les années 1990 a forgé la modernité de notre santé publique ». Elle est notamment à l’origine des revendications des malades, des citoyens, du monde associatif à être plus informés et à participer davantage à l’élaboration et au suivi des politiques de santé. Elle a non seulement mis en évidence les carences graves de sécurité sanitaire, en particulier dans la transfusion sanguine, mais elle a aussi souligné l’importance des politiques de surveillance sanitaire des populations, comme l’écrit le Quotidien du Médecin.
Voilà dix ans qu’ont été introduites en France les multithérapies antirétrovirales. Et entre 1996 et 2005, le nombre de personnes vivant avec le VIH (sans traduction clinique) a augmenté de 106 000 à 130 000 alors que le nombre de cas de sida (maladie déclarée ) et de décès a fortement diminué.
Ce qui autorise un certain optimisme.
Hélas, et toujours selon le Quotidien du Médecin : « L’augmentation du nombre de cas de sida en Afrique subsaharienne entre 1998 et 2002, du fait d’un dépistage tardif, est un sujet d’inquiétude, même si l’évolution récente est meilleure. Cette population reste fortement touchée par la précarité. Elle est à l’origine de la féminisation croissante de l’épidémie ».
Sidaction aide les patients français et ceux des pays en développement.
Sidaction aide les associations à se structurer, à gagner en autonomie.
C’est une véritable démarche de développement durable. Il est important de participer à ce sidaction.
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18.03.2007
Huit jours plus tard
La semaine qui vient de s’achever m’a laissée nostalgique, après l’annonce du Président de la République qui annonçait son départ. Il s’y mêlaient tant d’émotion et tant de dignité. …
Il en a profité pour tracer la feuille de route pour la France et les Français en rappelant un certain nombre de valeurs essentielles. A nous de les faire vivre.
Me rend aussi nostalgique ce gouvernement dirigé par un Premier Ministre courageux et élégant, qui assumera sa mission jusqu’à son terme, et dont le bilan sera reconnu dans quelques mois !
Pour donner corps à mes convictions, j’ai décidé de me porter candidate aux élections législatives des 10 et 17 juin prochain, dans la 12ème circonscription de Paris ( nord du 15ème arrondissement).
J’invite tous ceux qui le désirent à s’exprimer sur mon blog de campagne : cecilerenson15eme.hautetfort.com
A bientôt
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11.03.2007
Merci, Monsieur le Président.
Un discours tout empreint d' émotion, de dignité, de grandeur qui ont évacué toute tristesse. Faut-il que l’homme soit grand pour toujours peser dans la paysage politique au bout de 40 ans, et transmettre les valeurs qui ont orienté son combat dont cinq sont au cœur de ses préoccupations :
1 / le refus de l’extrémisme. « Ne composez jamais avec le rejet de l’autre ». « La France est riche de sa diversité ». Lui-même a voulu l’égalité des chances.
2/ « il faut toujours croire en vous et en la France , et ne jamais brader le modèle français, profondément adapté au monde d’aujourd’hui ».
3/ la construction européenne doit être poursuivie. A nous de bâtir une Europe politique. Cette Europe est garante de la Paix.
4/ « la France n’est pas un pays comme les autres ». C’est le pays des valeurs universelles, celles qui induisent le respect des hommes, des cultures, et qui les font dialoguer . « La France doit peser de tout son poids pour éviter le fossé entre les pays riches et les autres », et pour favoriser le développement pour tous. L’enjeu de ce combat est la Paix .
5/ « le défi majeur du 21ème siècle est la révolution écologique » qui doit nous faire imaginer un mode de relation différent avec la nature, pour notre « planète à bout de souffle ». Il termine son allocution par une déclaration d’amour à la France et aux Français.
Jacques Chirac est un homme de cœur, mais les Français et les autres le savaient déjà .
ll aime la France et a toujours voulu la grandeur de celle-ci. Ce qui n’en étonnera pas beaucoup.
Ce qui m’interpelle, dans ce discours, c’est sa projection dans l’histoire de notre pays après un parcours qui se révèlera un grand parcours.
Le Président de la République remet les clés, sans nostalgie, sachant que toute activité humaine est par définition finie. Et puis, il l’a dit, il « servira autrement », et il faut bien admettre que s’il estime ce moment venu, il passe ainsi la main à des hommes et des femmes politiques qui piaffent dans les stalles.
Son expérience internationale, sa stature reconnues par tous les chefs d’Etat nous permettent d’imaginer qu’il donnera la mesure de son talent dans les relations internationales où son flegme et sa compétence seront bien utiles dans un monde assis sur un volcan.
Enfin, il m’a plu de voir Christian Jacob, actuel ministre de la Fonction publique venir s’’exprimer sur les plateaux de télévision. S’il est un fidèle du Chef de l’Etat, c’est bien lui. Son message était serein et optimiste. Alors, ne soyons pas plus triste que les membres de la famille…
Et si Jacques Chirac ne venait pas tout simplement de nous communiquer les recettes du bonheur… Pour Platon, celui-ci était de se transmettre et d’éduquer la jeunesse ..
Alors, pour tout ce que vous avez fait, pour la France , pour nous et pour les autres, Merci, Monsieur le Président.
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10.03.2007
Ne nous quittez pas, Monsieur le Président
Dans moins de 24 heures, le président de la République se sera exprimé pour, vraisemblablement, annoncer sa décision de ne pas briguer un troisième mandat à l’Elysée.
Je profite donc des quelques heures qui nous sont données pour vivre dans l’espérance moelleuse que tout est encore possible, et que la France a encore une chance…
Non, je dois arrêter mon rêve, d’ailleurs parce que mes leadeures (tiens, un mot qui n’a pas encore de féminin ?) pourraient voir de la provocation dans mes propos qui n’ont pourtant jamais été aussi sincères.
Oui, je dis qu’il faut être un bien grand homme, pour faire acte d’humilité comme Jacques Chirac l’a fait hier à l’occasion du dernier Conseil européen de son mandat, pour reconnaître une faute qui ne lui incombait d’ailleurs pas pleinement : « je suis désolé, peut-être de n’avoir pas fait tout ce qu’il aurait fallu pour éviter ce qui a été une mauvaise chose pour l’Europe et pour la France », le rejet de la Constitution européenne.
Le seul motif qui me ferait souhaiter le retrait de Jacques Chirac, c’est que tous ceux qui s’inquiètent de le voir solliciter à nouveau le suffrage des Français, vont enfin cesser d’en rétrécir l’image, et que dès demain soir, 21 heures, ils le considéreront enfin à sa juste valeur, celle d’un grand chef d’Etat, celle d’un véritable homme d’Etat, celle d’un homme de réflexion et de générosité .
Monsieur le Président, s’il n’est pas trop tard, restez à la barre de la France. La France, l’Europe, la Paix ont besoin de vous.
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08.03.2007
La parité: état des lieux.
Que d’émissions, que de manifestations aujourd’hui 8 mars, à l’occasion de la journée internationale des femmes!
Certes, il est bien vrai qu’au début du XXème siècle, les femmes de tous les pays ont dû s’unir pour défendre leurs droits et réclamer le droit de vote. N’en déplaisent à de jeunes messieurs qui trouvent ces débats dépassés, il faut reconnaître que les femmes françaises doivent beaucoup à des révolutionnaires exaltées qui se sont insurgées contre leur exclusion de l’exercice au droit de cité, alors que la Révolution française reconnaissait leur citoyenneté civile. Seuls, Condorcet et Guyomar revendiquent alors le suffrage pour les femmes, tandis que la malheureuse Olympe de Gouges, dont les femmes de gauche actuelles s’arrogent l’héritage, périra sous le fil de la guillotine, après ces propos aussi prémonitoires que célèbres « les femmes ont le droit de monter à l’échafaud, elles ont bien le droit de monter à la tribune »…
Certes, la journée internationale des femmes a été proposée pour la première fois par Clara Zetkin, lors de la conférence internationale des femmes socialistes , et à l’origine de cette initiative s’inscrivent la réclamation du droit de vote, de meilleures conditions de travail, l’égalité salariale entre les hommes et les femmes…
Arrivent l’ordonnance du Général de Gaulle le 21 avril 1944 octroyant le droit de vote et d’éligibilité aux Françaises, puis, après la réforme constitutionnelle du 28 juin 1999, la loi du 6 juin 2000 qui oblige les partis politiques à présenter un nombre égal d’hommes et de femmes pour les élections à scrutin de liste et prévoit de pénaliser financièrement les partis qui ne respectent pas le principe de parité lors des élections législatives.
Cependant, les partis politiques qui n'ont pas d'obligation de résultat s'en moquent comme d'un guigne: le montant retenu au titre de la parité en 2005 sur la dotation de l’UMP est de 4 262 606,13 euros, pour le PS de 1 650 980,54 euros, de 666 743,27 euros pour l’UDF. Ce que traduit la place de la France dans l’Union européenne, puisqu’elle occupe la 21ème place sur 27 pour la représentation des femmes parlementaires. Les Françaises occupent 12,3% des sièges à l’Assemblée nationale et 16,9 % des sièges du Sénat.
Pensez-vous que les partis politiques sont vraiment dissuadés par ces mesures de pénalisation ? Il faut croire que celles-ci ne sont pas efficaces car combien de femmes l’UMP investit-il pour les prochaines échéances législatives ? 30% !
Pensez-vous qu’une certaine solidarité féminine se soit instaurée chez les femmes qui revendiquent les postes suprêmes ? on pourrait l’espérer, surtout lorsqu’on s'émeut aux propos de la candidate socialiste parlant de "sororité ". Mais qui peut croire ce discours réellement sincère quand on se penche sur la composition de son équipe du « pacte présidentiel » : sur 13 membres, 11 éléphants mais seulement deux éléphantes qui ne peuvent guère la concurrencer : Yvette Roudy et Martine Aubry, et sur l'équipe de son « pôle expression » où on compte 6 femmes sur 21 membres ! Un humoriste a dit que la parité serait réelle quand on élirait aux plus hautes fonctions une femme incompétente. La parité est-elle en bonne voie ?
23:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parité, UMP, PS UDF
06.03.2007
François Bayrou à 20% d'intentions de vote?
Un nouveau sondage place aujourd’hui François Bayrou à 20 % d’intentions de vote.
Un tel score suscite en moi plusieurs réflexions.
Ce score aurait permis à François Bayrou de se trouver en tête du scrutin en 2002, et l’aurait qualifié pour le second tour en 1995. Il ne peut donc plus être mis de côté. Ce n’est pas de ma part un avis, mais un simple constat: François Bayrou est en passe de réussir le pari qu’il s’était lancé.
Et, quoi qu’il arrive, il tiendra un rôle majeur dans les années à venir.
Est-ce le centre qui subitement séduit autant ? Je ne le crois pas. François Bayrou profite, à n’en pas douter, du piètre niveau du duel annoncé. Depuis six mois, la question posée aux Français n’est pas de faire un choix politique décisif pour notre pays, mais d’éliminer celui ou celle qui aurait le moins bien tenu sa place au cours d’un show de politique-réalité tel qu’on ne l’imaginait pas en France.
L’UDF, et c’est en soi plutôt surprenant, est devenue un vote contestataire ! François Bayrou arrive à réunir derrière lui des déçus de la gauche, des anti-Sarkozy, des cadres, des agriculteurs, des enseignants, des personnes qui ne se reconnaissent plus dans l’échiquier politique tel qu’il nous est imposé.
Du coup, François Bayrou dérange. Et se fait attaquer de toute part. N’est-il pas le « candidat de la dette » (Thierry Breton)? « le candidat de la IVème République » (Thierry Mariani)? « son élection entraînerait une crise de régime » (Philippe Douste-Blazy) ?
Je ne trouve pas ces attaques correctes. Elles ne sont pas dignes. D’autant que, sentant le danger, ces mêmes personnalités appellent les maires à parrainer Jean-Marie Le Pen, certainement pour éviter que tout le vote protestataire ne profite au seul François Bayrou.
J’ai déjà eu l’occasion sur ce blog de dire ce que je pensais de ces « parrainages stratégiques » que j’apparentais à de la cuisine électorale de bas étage. Je n’y reviens donc pas.
Mais je suis convaincue que tout n’est pas permis, même en politique. On ne peut décemment pas dans le même temps taper sur l’UDF et encourager le FN.
Ce n’est pas ma conception de la République.
Un dernier mot pour aggraver mon cas : la percée de François Bayrou témoigne du refus des Français à subir le duel annoncé. Il existe un boulevard entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Je souhaiterais, si quelqu’un en doutait encore, que ce soit le Président de la République qui en profite.
23:14 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Président de la République, UMP, UDF, Présidentielles
05.03.2007
Difficile d'échapper aux femmes cette semaine
Le 8 mars prochain sera célébrée la Journée internationale des femmes, et il sera difficile d’y échapper, à commencer par l’approche médicale de celles-ci.
De plus, 2007 marque l’anniversaire d’une révolution culturelle, puisqu’il y aura 40 ans que Lucien Neuwirth a autorisé l’importation et la fabrication des pilules contraceptives en France, tout en limitant l’accès des mineures à celles-ci et en interdisant la publicité commerciale.
Qu’on le veuille ou non, c’est bien parce que les femmes ont eu la maîtrise de leur corps qu’elles se sont imposées dans la société. Elles ne sont plus cantonnées aux enfants et aux travaux ménagers. Elles choisissent de faire un enfant quand elles le veulent, si elles le veulent. Elles choisissent leur mode de vie privée et professionnelle.
Aujourd’hui, les Françaises sont les championnes du monde de cette contraception médicale réversible, le plus souvent sous forme de pilule, mais de nouvelles modalités d’administration de contraceptifs gagnent du terrain (implants, patchs).
Et pourtant, le nombre d’avortements reste stable, autour de 220 000 par an (IVG chirurgicales ou médicamenteuses).
A cela, deux raisons : les échecs de la contraception demeurent fréquents (oublis de pilule). Et la faute en revient autant à la femme qu’au médecin prescripteur(sinon plus) qui n’a pas eu le temps d’apprécier le mode de vie de sa patiente (horaires irréguliers, présence de très jeunes enfants, activité sexuelle irrégulière) et de lui proposer différentes méthodes de contraception.
L’autre raison est que pour certaines femmes l’IVG fait office de contraception.
Une campagne d’information nationale sur la contraception sera lancée en juin par l’Inpes. 40 ans après la loi, il est bon d’expliquer aux nouvelles générations que : « la bonne contraception, c’est celle que l’on choisit et que l’on peut assumer».
Information et réflexion demeurent encore trop souvent lacunaires.
Source : Panorama du Médecin 05/03/07
19:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journée internationale de la femme, contraception, IVG
04.03.2007
Florilège de mauvaise foi.
Lors de Dimanche +, l’excellente émission de Laurence Ferrari, sur Canal +, deux intervenants, m’ont irritée. D’abord, ce FOG, je ne sais d’ailleurs plus ce que ces initiales veulent dire. A mon avis, elles ont effacé à son détriment le nom d’un journaliste qui a dû briller en son temps. Ce vieux FOG a parlé du Président de la République comme d’un « homme en fin de vie ». Je ne sais si ce monsieur, sûrement bien informé puisque journaliste, dispose de confidences médicales. J’espère pour sa crédibilité que ses propos ne sont pas des hallucinations dues à l’âge. Il est vrai qu’il nous avait habitués à mieux, mais il y a si longtemps !
Ses dires appellent deux réflexions :
1/ s’il dispose de confidences médicales, la déontologie voudrait qu’il les tût,
2/ s’il n’en dispose pas, je lui conseillerai de se faire traiter lui-même pour une cataracte avancée ou autre pathologie sénile de la vision car pour ma part, j’ai trouvé Jacques Chirac plus en forme que lui, et ce au terme d’un marathon de quatre heures, où le Président avait absorbé quantité de breuvages, mangé saucissons et fromages, entre deux bises à des enfants et serré multes mains . Il semblait plus frais à la fin de cette visite au Salon de l’Agriculture que son détracteur. Ses joues étaient moins avachies, ses paupières plus mobiles, le regard plus chaleureux, la chevelure plus en ordre. Bref, entre un président « en fin de vie » et un journaliste épuisé par ses pamphlets de bas étage, pour moi, il n’y a pas photo.
Le second est Dominique Paillé, qui conserve dit-il « toute son amitié à François Bayrou ». Ouf ! S’il en était autrement, que dirait-il ? Il est vrai que dans un portrait bien senti du Monde, Philippe Ridet, décrivait ce député ex-très UDF« ondoyant, insaisissable ». Lui aussi, au moment où Jacques Chirac connaissait un ennui de santé, s’était cru autorisé, en tant que très ancien directeur d’hôpital, à demander la levée du secret professionnel concernant l’état de santé du Président de la République.
Le Président est-il un « homme en fin de vie » ? Il n’en donne absolument pas l’impression. De plus, cette visite s’est transformée en véritable ovation. Je conçois que de petits esprits en éprouvent quelque amertume.
Jacques Chirac ne sera pas facile à remplacer!
22:25 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02.03.2007
Les Français et la culture
N’en déplaisent à mes détracteurs, je vais encore parler de culture.
Il paraît que mon dernier blog était difficilement compréhensible, car Joachim du Bellay n’apparaissait pas dans mes liens de blogueur.
Les Français doivent être très cultivés. Ne dit-on pas que « la culture est ce qu’il reste quand on a tout oublié » ? Ou alors, si je me réfère au Petit Robert, pour lequel « la culture est l’ensemble des aspects intellectuels propres à une nation », je m’inquiète de voir la spécificité française, en particulier la poésie , se déliter sous l’action du temps, l’influence de l’instantanéité, ou tout simplement des modes (qui ont comme tout le monde le sait, le destin des feuilles mortes ! Jacques Chirac, citant Jean Guitton le 10 novembre 1994).
Je laisse donc la culture élaborée dans les sillons des circonvolutions cérébrales pour parler de l’autre culture, avec ses sillons bien tangibles creusés dans notre belle glèbe française.
J’éprouve un réel regret à ne pas accompagner le Président de la République pour sa traditionnelle visite au 44ème Salon international de l’Agriculture demain matin, car il n’a pas son pareil pour apprécier les croupes des vaches, s’enquérir des problèmes des agriculteurs un verre de rouge à la main, tout en dégustant du saucisson.
Jacques Chirac appréciera l’originalité de ce salon, car, outre son folklore, ses expositions vouées à l’élevage et aux cultures, on y présentera une « nouvelle révolution industrielle ».Il y sera question des grandes problématiques environnementales du moment, changement climatique et risque épizootique.
Quatre constructeurs automobiles ont choisi d’exposer des modèles fonctionnant avec des bio-carburants. On y parlera de biodiversité autour d’un arbre monumental, de développement durable et d’eau, problème essentiel pour l’agriculture.
Enfin, les animaux des villes seront également à l’honneur, pour répondre aux attentes des propriétaires des 8,5 millions de chiens et 9,9 millions de chats. Ces animaux sont dits à juste titre de « compagnie », car ils trompent la solitude de leurs propriétaires, le plus souvent des personnes seules en mal de lien social. Ce phénomène est d’ailleurs appelé « urbanimalisation »…. Un néologisme à transmettre aux Français cultivés…. (on n’en sort pas !).
source: Quotidien du Médecin 2/02/07
17:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, poésie, Jacques Chirac, agriculture, environnement
28.02.2007
France mère des arts, des armes et des lois.
France, France réponds à une triste querelle,
Mais nul, sinon Echo ne répond à ma voix…( J. du Bellay)
France, mère des lois, tous les candidats à l’élection présidentielle, prêts à toute surenchère, en mettent et en remettent, et même les moins autorisés parlent d’inflation législative ! France, tu es la mère des lois.
France, mère des armes : Nicolas Sarkozy aujourd’hui cite l’action exemplaire de Jacques Chirac en politique étrangère et souhaite le maintien de l’appareil de défense. France, tu es la mère des armes.
France, mère des arts, pourquoi aucun de tes fils et filles putatifs, pourtant soucieux d’inscrire ton destin dans le marbre de l’histoire ne s’attachent-ils pas à défendre ton originalité, et à travers toi, la transmission de ta culture et de la francophonie ?
Je laisse la parole, que dis-je la voix à la plus exceptionnelle cantatrice (qui de plus est française) lorsqu’elle s’exprime à l’occasion des 14èmes Victoires de la musique classique. Nathalie Dessay s’étonne que « la culture, le spectacle, la création artistique soient les grands absents des débats présidentiels ». Elle ajoute, avec l’espièglerie qui la caractérise : « si la musique adoucit les mœurs, quelques grammes de finesse ne feront pas de mal ».
Et pourtant, l’art est à la fois transmission et rupture, héritage et mouvement….
Dominique de Villepin s'est inquiété du désarroi de l'art contemporain français. Il a confié: "l'art, c'est une élévation, c'est ce qui permet d'aller plus loin et surtout de toucher à l'essence des choses. Ce n'est certainement pas un réconfort, un à -côté. L'art est au coeur de la vie".
France, France, en 2007, l'art est-il en ton coeur?
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27.02.2007
La raison des plus faibles n'est jamais la meilleure.
C’est vrai qu’ils sont de plus en nombreux, qu’ils vivent de plus en plus vieux, et qu’ils coûtent de plus en plus cher. Pensez donc, quatre millions de veufs et veuves en France, soit près de 7% de la population totale, qui reçoivent des pensions !
De temps en temps, on essaie de rogner sur ces avantages, sans grand risque d’en voir le tiers, les 1 200 000 femmes de 75 à 84 ans, défiler dans leur fauteuil roulant ou agiter leurs canes anglaises!
Heureusement des associations efficaces, telles Sauvegarde Retraite, la Fédération des associations de conjoints survivants (FAVEC) montent rapidement au créneau et ont ainsi obtenu l’annulation de deux décrets qui modifiaient les droits des veuves et veufs quant à leur pension de réversion.
Le gouvernement s’était montré compréhensif et avait supprimé les dispositions qui précarisaient cette catégorie de population.
La vie semblait s’annoncer plus calme pour ces « handicapés du cœur », jusqu’au décret du 14 février dernier relatif à la carte d’assurance-maladie. Qu’y apprend-on ?
La réduction de quatre à un an du maintien de leurs droits à la Sécurité sociale gratuite pour les veuves n’ayant jamais travaillé et ayant eu moins de trois enfants.
Pour les veuves sans droits propres, qui ont eu plus de trois enfants, rien n’est change : elles bénéficient d’un droit à la sécurité sociale gratuite durant toute leur vie Pour les autres, celles qui n’ont pas élevé trois enfants et plus, ce droit à la SS gratuite était de quatre ans depuis 1999. Le décret du 14 février ramène cette couverture maladie à un an pour les ayants droit du conjoint décédé.
Quand on sait la blessure physique que cause la perte de son mari, les problèmes financiers qu’il n’est jamais possible de résoudre sur une année, les conséquences sociales dont la famille est obligée de rectifier les effets en peu de temps, il m’arrive souvent de souhaiter voir les législateurs à la place des citoyens qui les ont élus et qu’ils sont censés défendre.
Il est vrai que pour défendre ces pauvres femmes déjà sonnées par les aléas de la vie, il n’y a que 12,1% à l’Assemblée nationale et 16,9% au Sénat de comparses en mesure de prendre pour les femmes les mesures qui les concernent essentiellement.
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26.02.2007
Quand une profession se féminise, elle se paupérise...
C’est ainsi que s’exprimait une économiste de talent, il y a une dizaine d’années.
Aujourd’hui, les femmes ont trouvé leur place dans la société, et même si le domaine du pouvoir et de la politique semblait encore leur avoir échappé jusqu’à ce jour, l’actualité démontre qu’il n’en est plus rien.
Tirons-en les premières conclusions dans une profession masculine à souhait : la médecine. En 1962, les femmes ne représentaient que 10% du corps médical, alors qu’elles sont « plus de 60% cette année à occuper les bancs du premier cycle des études médicales » selon le Panorama du Médecin de ce jour.
«Les femmes médecins qui ont des enfants travaillent six heures de moins par semaine que leurs confrères. Il est à noter qu’il n’existe aucune différence d’activité entre hommes et femmes médecins lorsqu’ils demeurent célibataires". Ce qui veut dire que les femmes médecins sont très soucieuses d’harmoniser leur vie familiale et leur vie professionnelle, qu’elles n’entendent pas sacrifier une vie au détriment de l’autre, et que même, ces deux vies, complémentaires, doivent se concilier.
Le Docteur Irène Kahn-Bensaude, Présidente de la section santé publique au Conseil national de l’Ordre des médecins, affirme que les femmes médecins exercent la médecine différemment de leurs confrères : elles sont plus à l’écoute, mais elles exercent des spécialités moins exigeantes que la médecine générale. Elles bénéficient depuis peu de la même couverture maternité que les salariées du privé en matière de maternité, mais l’égalité pour leurs droits à la retraite est encore à revoir.
Par ailleurs, si les femmes médecins ont pris l'habitude de travailler six heures de moins par semaine pour s'occuper de leurs enfants, les hommes se "féminisent" puisqu'ils se réservent quelques heures par semaine pour ....aller jouer au golf.
Tout humour mis à part, hommes et femmes médecins veulent épargner du temps pour eux. Assiste-t-on à une féminisation du comportement?
Ce qui est sûr, c'est que les médecins ne veulent plus devoir répondre aux appels d'urgence de leurs patients 24 heures sur 24, et 7 jours sur 7, qu'il faudra néanmoins répondre aux attentes de ceux-ci, vraisemblablement en créant des maisons médicales de garde, et que le mode de rémunération s'orientera qu'on le veuille ou non vers des paiements par forfait. A long terme, il faudra envisager une médecine salariée moins rémunératrice que le paiement à l'acte, mais tellement plus confortable pour la femme médecin, mère de famille. Et quoi de plus merveilleux que de mener de front ces deux vocations, quel qu'en soit le prix! Est-ce paupériser une profession que d'assumer le bonheur d'être mère?
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24.02.2007
A propos de cuisine électorale
Comme les 36000 maires de France, les parlementaires, les présidents des communautés urbaines, les conseillers régionaux, les conseillers généraux et les autres conseillers de Paris, j’ai reçu ce matin, sous pli recommandé, un formulaire pour présenter un candidat à l’élection du Président de la République les 22 avril et 6 mai prochains.
Ce sera la deuxième fois que je remplirai ce formulaire, en mon âme et conscience, pour le candidat qui répondra le mieux à mon attente de citoyenne et que je croirai capable de faire gagner mes idées. Bien sûr, je prendrai toutes mes responsabilités, très honorée de donner ma caution pour cette élection suprême, car pour moi ce parrainage a valeur de soutien.
Je ne m’imagine pas un seul instant remplir cet imprimé aux couleurs de la République en faveur d’un candidat et en soutenir un autre.
Et pourtant, j'apprends aujourd’hui qu’on conseillerait à des « présentateurs » tels que moi de pratiquer cette subtile dichotomie. De qui se moque-t-on ? Et au nom de quoi ?
« Accorder un parrainage, ce n’est pas exprimer un soutien, ni donner une consigne de vote, c’est tout simplement choisir de faire vivre la démocratie ». Ces propos me scandalisent . La démocratie n’est pas compatible avec ces supputations, ces petits calculs, ces projections de vote et de reports pour le second tour.
On a assez critiqué l’éparpillement des voix sur 16 candidats, dont 9 n’ont pas dépassé le cap des 5% d’électeurs lors du 1er tour du 21 avril 2002, pour le favoriser cinq ans plus tard.
Voilà ce qui discrédite la classe politique : sa versatilité, sa morale qui s’arrête au seuil de ses compromissions.
Si les candidats n’ont pas la notoriété requise, si leurs parrains n’ont pas le courage d’afficher leur soutien, c’est qu’ils ne méritent pas de se présenter au suffrage des Français.
Toute posture, tout arrangement s’apparenteraient à de la petite cuisine électorale. La France mérite mieux !
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23.02.2007
Un fils parmi les Sages.
« Je te considère comme mon fils, dira un jour du long hiver 1994 Jacques Chirac à Jean-Louis Debré. Le fils de l’illustre Michel Debré, père de la Constitution , élevé dans le culte de l’Etat, ne le prendra pas mal »…. Ainsi s’exprime une journaliste politique talentueuse dans un ouvrage consacré à Jacques Chirac, « Un Président très entouré »…. «Il a été l’un des rares à porter la bonne parole chiraquienne aux pires moments de la campagne présidentielle…. Sa persévérance fut récompensée…Il hérita de l’Intérieur…. Corvéable à merci, Debré a l’affection du Président de la République ».
Elu le 25 juin 2002, au « perchoir » de l’Assemblée nationale, il y fait respecter les droits de l’opposition. Et comme l’écrivent Philippe Goulliaud et Sophie Huet dans Le Figaro de ce jour « en présidant, mercredi, sa dernière séance de questions au gouvernement, Jean-Louis Debré a reconnu devant les députés qu’avoir présidé l’Assemblée nationale restera l’honneur de sa vie ». Il y a d’ailleurs reçu une chaleureuse ovation de la part de tout l’hémicycle..
Aujourd’hui, le Président de la République le nomme à la présidence du Conseil Constitutionnel, en récompense de sa fidélité. Il retrouvera , au sein de cette institution garante de la Constitution rédigée par son père, Renaud Denoix de Saint-Marc, ancien vice-président du Conseil d’Etat, nommé par Christian Poncelet, président du Sénat, et Guy Canivet, premier président de la Cour de Cassation. nommé par le président de l’Assemblée nationale lui-même.
Bien sûr, déjà tous les partis sont vent debout contre ces nominations : « le choix du Prince » pour l’UDF. Les Sages devront être élus, demandent à leur tour les Socialistes. Quant à l’UMP, elle réclame un contrôle réglementaire. Il n’y a que Guy Carcassonne, constitutionnaliste reconnu, le plus autorisé de tous, à se satisfaire du mode de ces nominations, pour éviter les accords des partis entre eux. Il rend d’ailleurs hommage à Jacques Chirac, « ardent défenseur de la Vème République» … « Une constitution gagne à évoluer et.. elle peut le faire au gré des nécessités à la seule condition que celles-ci ne soient pas inspirées par un esprit partisan ».Beau témoignage.
Pour ma part, je félicite Jean-Louis Debré pour cette nomination bien méritée. Je regrette personnellement son départ de l’Hôtel de Lassay . Je le remercie au nom des adhérentes de Femme Avenir pour l’attention qu’il a toujours portée à l’association, et pour son soutien qu’il n’a jamais ménagé à chaque fois que les femmes gaullistes lui en ont exprimé le besoin.
Enfin, je penserai à lui, lorsque je troquerai ma casquette d’élue pour revêtir le tablier de cuisinière, celui qu’il a dessiné et qu’il a baptisé « cuisine électorale ». Décidément, tout un programme…
23:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Assemblée nationale, UMP, UDF, PS, JL Debré, Femme Avenir
22.02.2007
Où en est la parité?
Aujourd’hui, on a beaucoup parlé des femmes. Et quelles femmes !
La palme de l’enthousiasme va sans conteste à cette merveilleuse Rigoberta Menchu, que le Président Chirac avait accueillie en France à la suite du prix Nobel de la Paix qui lui avait été attribué pour son engagement en faveur des minorités latino-américaines. La voilà qui part à la conquête du Guatemala pour accéder à la magistrature suprême de son pays.
La séquence émotion est réservée à Ingrid Betancourt, otage des FARC en Colombie depuis 5 ans demain, alors que, femme politique franco-colombienne, elle se destinait elle aussi à un affrontement électoral de premier ordre Le courage de sa famille qui ne reçoit plus aucun signe de vie, force l’admiration.
A la rubrique affection, on ne peut que s’attendrir devant Margaret Thatcher, cette dame de fer de 81 ans qui dévoile la statue de son effigie réalisée en bronze. « Au moins, ne rouillera-t-elle point » a-t-elle affirmé !
Beaucoup de respect inspire Angela Merkel, qui rencontrera Jacques Chirac demain afin de préparer le sommet européen des 8 et 9 mars prochain. A son sujet, saluons l' action de cette Chancelière efficace qui, à la surprise générale il y a 48 heures, a réussi à engager les 27 Etats –Membres, dans la lutte contre le réchauffement climatique.
La science n'est pas en reste, puisque le partenariat L' Oréal-Unesco met à l’honneur des femmes scientifiques des cinq continents, si l’on en croit la dernière page de publicité d’un grand quotidien du soir.
Voilà des femmes reconnues pour leur talent, leur combativité, leur engagement qui servent la cause de leurs congénères.
Oui, la parité est en marche. Encore faut-il que les femmes soient reconnues plus pour leur compétence que pour leur image!
23:50 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
21.02.2007
"Une âme bien née " à l'Assemblée nationale
Il y avait du Corneille cet après-midi dans les propos de Dominique de Villepin, à l’occasion de la dernière séance des questions d’actualité clôturant cette législature.
Une éloquence alliant lucidité, maîtrise de soi et aspiration à la grandeur…
L’intérêt de l’Etat demeure la toile de fond de l’action qui se joue au Palais Bourbon, et c’est la conception noble et grandiose du pouvoir qu’il décline.
« Tous ici nous sommes différents, différents par nos origines, différents par nos sensibilités, différents par nos engagements. Cette diversité doit rester pour la nation toute entière une force, elle ne doit pas se perdre dans des affrontements stériles ».
Il plaide pour « une démocratie qui ne trouve pas seulement des consensus au-delà des partis sur les questions de défense ou de politique étrangère, mais qui fait preuve aussi de réalisme et de pragmatisme sur des grands enjeux comme l’emploi, la sécurité ou le désendettement ».
Il appelle à un intérêt général : « c’est l’intérêt national qui est en jeu, l’intérêt de chaque Français face à un monde qui change rapidement et qui exige de notre part toujours davantage de détermination et de volonté ».
Il est fier de son action Il peut l’être. Il s’est félicité de son bilan des deux ans passés à Matignon avec des « chiffres qui parlent d’eux-mêmes, sur le chômage, la croissance et le désendettement". Il avoue avoir traversé des épreuves , mais "Nous n'avons jamais baissé les bras, nous n'avons jamais renoncé".
Le Premier ministre apparaît un homme animé par une forme passionnée de l'honneur. Comme les héros cornéliens, il mêle le sens du devoir, l'enthousiasme et l'estime de lui-même ,"le plus grand mobile des âmes fières".
Puis-je pour ma part laisser à Don Diègue le mot de la fin, "Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse"...
Cécile Renson
23:55 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.02.2007
Beaucoup de bruit pour rien...
Près de 9 millions de Français ont été tenus en haleine par 100 compatriotes qui avaient « une question à poser » à la candidate investie par le PS lors des prochaines élections présidentielles.
Deux réflexions s’imposent :
-les Français sont avides de politique, et cet appétit semble inscrit dans leurs gênes. Il est réconfortant de les voir s’intéresser à leur sort, et on peut donc espérer moins d’abstentionnistes lors de cette prochaine consultation, ce qui est bon pour la démocratie.
-ils sont sages, selon l’adage qui veut que « le sage se contente de peu ». Car, pour ma part, je n’ai pas trouvé grande consistance à ce faux débat que j’ai trouvé très ennuyeux.
D’abord, ce nouveau concept de TV « participative » n’ a pas de fil conducteur. Aucun thème n’est mené en profondeur, sans aucune perspective. Et même si je trouve sympathique que chaque panéliste ait pu poser la question qui lui tenait à cœur, les problèmes exposés sont atomisés, et les réponses ne demandent qu’un savoir-faire, voire une compassion dont Mme Royal ne s’est pas montrée avare.
Ce qui ne l’a pas empêchée d’asséner quelques erreurs.
L’accessibilité que le pauvre Bernard porteur de sclérose en plaque est en droit d’attendre ne pourra jamais lui permettre de s’asseoir dans les fauteuils en gradin de n’importe quel studio, fût-il le plus adapté.
Refuser l'apprentissage à 14 ans remet en cause une mesure de la loi pour l'égalité des chances du 31 mars 2006, et ce n'est pas plus mal d'apprendre un métier à des adolescents qui ne se sentent pas attirés par des études traditionnelles plutôt que les voir faire l'école buissonnière.
La complémentarité ville-hôpital est ancrée dans la pratique médicale depuis les ordonnances Juppé de 1996.
Enfin, il y en a assez de vouloir encore légiférer sur l'euthanasie. La loi Léonetti sur la fin de vie envisage tous les cas de figures, et surtout le fait qu'aucun médecin pas plus qu'un autre citoyen ne doit provoquer de façon délibérée la mort d'un de ses semblables. Il a néanmoins le devoir de lui éviter de souffrir dans sa chair et dans son mental, et dans ce domaine, aucun législateur ne pourra se subsituer à lui.
A vrai dire, le mot de la fin revient à Dominique de Villepin, lorsqu'il lance sur les ondes ce matin: "gouverner, c'est bien sûr répondre aux préoccupations quotidiennes des Français, faire preuve d'empathie, faire preuve d'humanité, c'est aussi être capable de prendre des décisions difficiles.... Or on entend beaucoup les décisions faciles. C'est toujours plus facile de dire oui, d'augmenter les prestations, d'accroître les dépenses. C'est plus difficile d'assumer les responsabilités d'un nation... Etre président de la République, c'est diriger une nation, c'est la mener, l'entraîner, lui donner un cap"
Force est de constater qu' hier soir la candidate se "pensait peut-être prête", mais les habits de Capitaine semblaient bien grands pour elle...
Cécile Renson
23:55 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19.02.2007
Médecine et politique sont-elles compatibles?
Au risque de me faire tancer une fois de plus, je dirai par le biais de ce mode d’expression tout nouveau pour moi qu’est le blog, mon profond sentiment, que dis-je ma révolte, à la lecture du Quotidien du Médecin en date du 19 février.
Que trouve-t-on, en page 8 : « Trois étrangers malades expulsés en un mois. Les Préfets passent outre l’avis médical ».
« En un mois, trois étrangers malades ont été renvoyés dans leur pays alors que des médecins inspecteurs de santé publique avaient rendu des avis indiquant les conséquences exceptionnellement graves d’une expulsion ». Pour deux d’entre eux, leur pays d’origine ne disposait pas du traitement salvateur.
Quant au troisième, il a fallu l’expulser à « bord d’un avion disposant d’une structure médicalisée » !
Dussè-je encore être taxée de « gauchiste de l’UMP » je m’insurge personnellement contre ces mesures qui violent le serment que j’ai prêté, et je défie tous mes confrères de quelque bord qu’ils soient d’infirmer mes propos. « Je respecterai toutes les personnes,….J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité »…
La réforme de la loi sur l’immigration et l’intégration adoptée en juillet 2006 laissait inchangé l’article 313-11du code d’entrée et de séjour des étrangers qui prévoit l’attribution d’un titre de séjour pour ceux qui résident habituellement en France et dont l’état de santé nécessite un traitement approprié non disponible dans les pays dont ils sont originaires.
Pourtant, au cours de l’ automne 2006, un projet de circulaire contredisant cet article « invitait les préfets à s’affranchir des avis médicaux dans le cadre de la procédure de régularisation des étrangers malades ».
Au terme de cette réflexion, je m’interroge sur trois points :
1/ comprenne qui pourra cette valse hésitation qui met en péril le sort d’êtres humains, ni meilleurs ni pires que chacun d’entre nous ;
2/quand on sait combien chaque français est généreux quand il est personnellement confronté à la détresse d’un être vivant. Et je n’ ai jamais vu un compatriote devant un être humain blessé, accidenté ou en phase terminale lui tourner le dos ou lui demander s’il était en situation régulière aux yeux de la loi ;
3/comme l’a dit à plusieurs reprises le Conseil national supérieur du sida, appelant chacun à une lutte efficace contre ce terrible fléau, « l’accès aux soins pour tous les patients, quel que soit leur statut juridique, et le droit au séjour pour soins constituent des éléments essentiels à une lutte efficace contre l’épidémie d’infection à VIH ». Ce qui veut dire que plus on traitera de malades où qu’ils soient et d’où qu’ils viennent , plus vite on viendra à bout de cette épidémie mondiale.
Ma conclusion est simple : la politique s’inscrit souvent dans des parcours sinueux.
Heureusement pour elle, et au nom de l’intérêt général qu’elle est censée défendre, les médecins l’aident à lui redonner ses lettres de noblesse : la vie de l’Homme au cœur de la cité.
Cécile Renson
23:31 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.02.2007
La rancune est-elle héréditaire?
Alors que je m’intéressais à l’actualité, en ce 18 février, je suis tombée en arrêt devant un article du Journal du Dimanche concernant le Congrès de Versailles réuni demain pour voter trois textes révisant la Constitution de la 5ème République. Au passage, je remarque que Jacques Chirac, ardent défenseur des institutions et de la Constitution de 1958, lui aura apporté depuis 1995 huit révisions.
Ce qui montre que cette Constitution est bonne, puisqu’elle résiste à toutes les tensions et tous les aléas de notre pays. Elle lui permet, en effet, de s’adapter à l’évolution de la société, grâce à une certaine souplesse, et à éviter des crises dont les Français sont friands.
Ce qui montre aussi, malgré les propos perfides des « uns ou des autres »…, que Jacques Chirac n’est pas l’ homme politique versatile qu’il fait plaisir, aux mêmes « uns ou autres » de fustiger !
Il s’était engagé à inscrire dans la Constitution l’abolition de la peine de mort, la réforme du statut pénal du chef de l’Etat, l’application des accords de Nouméa de 1998 établissant la composition du corps électoral pour les élections de 2009 et 2014. Et avant la fin de ce deuxième mandat présidentiel, il tient à honorer ses promesses. Je ne vois ici que la volonté d’un Homme d’Etat soucieux de respecter ses engagements.
Ce qui m’a surprise, c’est l’attitude de Louis Giscard d’Estaing, qui refusera cette révision : « non, trois fois non ! ». Décidément, les Giscard ont la rancune tenace. Et on peut comprendre la déception de la famille puisque, si je me réfère à l’excellent ouvrage de Catherine Nay "La double méprise", déjà la maman de Valéry, le 2 février 1926, extasiée devant ce « beau petit Napoléon » qui venait de naître, lui prédisait un destin hors du commun. La preuve : « Cet enfant n’est pas comme les autres, il ne tète pas comme les autres »….
Giscard qui, selon Thierry Desjardins « s’était donné l’image du type-auquel-tout réussit », en 1981, n’ a pardonné à personne que son échec vienne ainsi altérer son ego.
Aujourd'hui, Louis Giscard d’Estaing s’interroge sur « la légitimité de celui qui convoque le congrès à moins de trois mois de la fin de son mandat ». Je ne vois en rien la légitimité du Chef de l’Etat contestable dans ce domaine ou dans d’autres. Je m’interroge au contraire sur les motivations qui conduisent à cette analyse pour le moins erronée. La rancune serait-elle héréditaire ?
Cécile Renson
17:05 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
16.02.2007
Etre membre d'un jury de concours de maîtrise d'oeuvre à l'AP-HP....
Quel honneur! Quelle responsabilité! Mais quelle fatigue!
Aujourd'hui, je me suis rendue à l'Hôpital Marin de Hendaye pour sélectionner des candidatures dans le cadre d'une opération de travaux.
Le Maire de Hendaye, Monsieur Kotte Ecenarro, membre du jury, ne semblait l'otage d'aucun parti. On le voyait sincère dans les débats pour le choix des candidats, et je me suis prise à rêver d'un tel maire, à Paris, constant dans sa détermination et soucieux uniquement des patients qui relèvent de son autorité puisque soignés sur sa commune. On est bien loin de l'opération de Necker où la survie de petits enfants est liée aux caprices d'une poignée d'élus locaux au coeur plus dur que la pierre du bâtiment qu'ils veulent défendre... et qui retiennent le poignet de Bertrand Delanoë pour signer un permis de construire déposé il y a un an ...
C'était la première fois que je me rendais dans cet établissement de l'AP-HP, spécialisé dans l'accueil et l'accompagnement des personnes gravement handicapées. Il reçoit adolescents et adultes atteints de maladies neurologiques dégénératives, qui ne peuvent plus communiquer qu'avec l'oreille ou le menton, des autistes profonds, des myopathes, des personnes atteintes de maladies rares associant obésité grave et troubles du comportement.
Ce site exceptionnel en bordure de l'océan que l'on entend gronder, le dévouement du personnel médical, soignant et non-soignant, sa motivation qui lui fait parler un autre langage que le langage parisien, la quiétude des patients paralysés, mais heureux de bénéficier d'une structure tellement privilégiée, m'ont réconciliée avec mes semblables.
Oui, je suis fière d'être médecin. Et, élue locale, je me sens le devoir de défendre les valeurs essentielles qui ont orienté ma vie, mon parcours. Je suis faite pour ça, je suis née pour ça. je me battrai pour ça.
Et j'entends bien ferrailler pour que le projet Necker prospère rapidement, au nom de l'intérêt général qui ne peut être effacé par de bas petits calculs politiques...
Cécile Renson
23:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15.02.2007
A l'occasion du 24ème sommet franco-africain
Comme le confie Pierre Péan dans Paris-Match, lorsqu’il compare Mitterrand et Chirac : « Mitterrand était un Européen convaincu alors que Chirac est beaucoup plus ouvert sur le monde…Il voit les choses de plus loin … » .
Et ce 24ème sommet franco-africain qui se tient actuellement à Cannes témoigne de la fine appréhension qu’il a de ce continent et de sa compréhension des Africains « J’aime et je respecte l’Afrique » avoue-t-il
Le Président de la République , par son empathie naturelle, a su tisser des liens privilégiés avec les chefs d’Etat africains. Il a apporté dans cette longue histoire entre lui et l’Afrique sa touche personnelle composée de chaleur humaine et de compréhension. Et derrière la photo de famille Jacques Chirac, encore un fois, a appelé tous les pays à prendre conscience de « ce continent confronté à des tragédies considérables ». . .
En plus de l’aide matérielle apportée par la France qui a multiplié par deux son aide à l’Afrique, il souhaite pour celle-ci, ou plutôt pour les Africains, plus de « stabilité et de solidarité » . Ne dit-il pas que « l’Afrique est riche et les Africains sont pauvres » ?
Il se mobilise pour solutionner le drame du Darfour, où sont oubliés 200 000 morts et 2 millions d’ habitants déplacés, pour tenter de se soustraire à la famine, à la guerre et à la terreur.
J’entends d’ici les beaux esprits qui se gaussent et se disent douter de l’efficacité de ces sommets. Qu'ils se rappellent simplement le chemin parcouru depuis le sommet de La Baule, il y a 15 ans: abandon du parti unique, effort de démocratie...
Oui, "le Monde a besoin de l'Afrique et l'Afrique a besoin du Monde". Jacques Chirac en appelle à la prise de conscience collective. Voilà encore une action qui sera portée à son bénéfice, n'en déplaisent à ses détracteurs ...
23:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.02.2007
Quand il est question de fidélité...
« La fidélité est au principe de toute morale : elle est le contraire du renversement de toutes les valeurs » ainsi s’exprime André Comte-Sponville.
Je n’ai pu m’empêcher de penser à ce grand philosophe lorsque j’ai entendu ce soir, par chance, le Premier Ministre, Dominique de Villepin décliner ses convictions à des jeunes auxquels il souhaitait une entrée dans la vie active plus facile que celle qui s’imposait à eux. Il a commencé son propos par l’apologie de la fidélité qu’il a comparée à un fil. Au terme d’une existence, ce fil, si on le « détricote » donne tout son sens à la vie, à ses actions, à ses combats.
Le fil est un parcours qui suppose une direction, la mémoire visible qui permet la continuité du chemin. Sans ce fil, la vie n'est que superposition de strates, de couches inertes...Bref, si j'ai bien compris, ce fil, la fidélité, est source de vie, d'action, d'énergie, de dépassement de soi au profit de l'intérêt général.
Pour sa part, il reste fidèle à ses convictions lorsqu'il veut une France plus riche d'emplois, de croissance, moins endettée, une "France grande pour elle-même..., mais grande aussi pour les autres", et là j'ai cru entendre le Général de Gaulle, lorsqu'il souhaitait que la France soit "le champion du bon sens, de la fraternité, du développement et du rapprochement", à moins que ce ne soit Jacques Chirac quand il prône le dialogue des cultures..
Bref, j'ai ressenti une grande fierté à être fidèle ( cette fidélité dût-elle m'être reprochée! d'ailleurs des récentes observations me laissent croire qu'elle le sera...peu me chaut!), fidèle à mes amis, fidèle à mes idées, fidèle à mes valeurs qui sont celles qui animent Femme Avenir, car ce qui compte c'est quand même et toujours la France ...
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13.02.2007
Nul n'est prophète en son pays...
Deux jours de séance du conseil de Paris dont une nocturne, voilà de quoi épuiser son monde. Surtout lorsqu’il est débattu du Plan de Déplacements de Paris avec 294 amendements et vœux votés un à un. Certes, je n’étais pas intervenue parce que ne disposant pas de temps de parole pour interpeller le Maire de Paris sur l’augmentation des accidents de la voie publique dus aux couloirs de bus, mais la simple assiduité aux séances est fatigante.
Le lendemain, j’imaginais une journée plus calme, seulement occupée pour ma part, par la défense d’un secteur qui m’est plus que cher : la restructuration de l’Assistance Publique. En particulier je demandais par un vœu au Maire de Paris les raisons du retard qu’il apportait à la signature du permis de construire concernant le pôle mère-enfant de l’hôpital Necker-Enfants malades.
En effet, la restructuration de cet hôpital devient urgente, quand on sait que 28 bâtiments sont dispersés sur 8 hectares, que les plus anciens datent du 19ème siècle, et qu’il est inconcevable de promener les patients, d’un pavillon à l’autre, quelles que soient les conditions atmosphériques, du plus petit nouveau-né malformÃ



