06.03.2007

François Bayrou à 20% d'intentions de vote?

Un nouveau sondage place aujourd’hui François Bayrou à 20 % d’intentions de vote.
Un tel score suscite en moi plusieurs réflexions.

Ce score aurait permis à François Bayrou de se trouver  en tête du scrutin en 2002, et l’aurait qualifié pour le second tour en 1995. Il ne peut donc plus être mis de côté. Ce n’est pas de ma part un avis, mais un simple constat: François Bayrou est en passe de réussir le pari qu’il s’était lancé.

Et, quoi qu’il arrive, il tiendra un rôle majeur dans les années à venir.

Est-ce le centre qui subitement séduit autant ? Je ne le crois pas. François Bayrou profite, à n’en pas douter, du piètre niveau du duel annoncé. Depuis six mois, la question posée aux Français n’est pas de faire un choix politique décisif pour notre pays, mais d’éliminer celui ou celle qui aurait le moins bien tenu sa place au cours d’un show de politique-réalité tel qu’on ne l’imaginait pas en France.

L’UDF, et c’est en soi plutôt surprenant, est devenue un vote contestataire ! François Bayrou  arrive à réunir derrière lui des déçus de la gauche, des anti-Sarkozy, des cadres, des agriculteurs, des enseignants, des personnes qui ne se reconnaissent plus dans l’échiquier politique tel qu’il nous est imposé.

Du coup, François Bayrou dérange. Et se fait attaquer de toute part. N’est-il pas le « candidat de la dette » (Thierry Breton)? « le candidat de la IVème République  » (Thierry Mariani)? « son élection entraînerait une crise de régime » (Philippe Douste-Blazy) ?

Je ne trouve pas ces attaques correctes. Elles ne sont pas dignes. D’autant que, sentant le danger, ces mêmes personnalités appellent les maires à parrainer Jean-Marie Le Pen, certainement pour éviter que tout  le vote protestataire ne profite au seul François Bayrou.

J’ai déjà eu l’occasion sur ce blog de dire ce que je pensais de ces « parrainages stratégiques » que j’apparentais à de la cuisine électorale de bas étage. Je n’y reviens donc pas.

Mais je suis convaincue que tout n’est pas permis, même en politique. On ne peut décemment pas dans le même temps taper sur l’UDF et encourager le FN.

Ce n’est pas ma conception de la République.

Un dernier mot pour aggraver mon cas : la percée de François Bayrou témoigne du refus des Français à subir le duel annoncé. Il existe un boulevard entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Je souhaiterais, si quelqu’un en doutait encore, que ce soit le Président de la République qui en profite.

 

Commentaires

Bravo pour cette note, Cécile. cc

Ecrit par : carignano | 07.03.2007

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